- Mots Interdits - Partie 1 - #13

Elle n'eut pas le temps d'exprimer son ressentiment, déjà la salle s'ouvrait devant elle.

- Ne traine pas en chemin, recommanda Yston au jeune garçon qui lui faisait face.

Celui-ci acquiesça puis partit aussitôt tenant une lettre dans ses mains. Dans sa précipitation il heurta Méreydith. Très faible, elle ne put rétablir son équilibre et s'écroula.

- Pardonnez-moi, je n'ai pas fait attention... je..., balbutia-t-il.
- Méreydith, vous sentez vous bien ? s'enquit Yston.
- Je suis désolé.
- Va, ne t'en fais pas, ça ne fait rien, répliqua sèchement Loréh.

Il partit, en courant pour ainsi dire.

- Ce n'est qu'une chute, reprit-elle.
- Vous ne m'avez pas répondu Méreydith.
- Ce n'est qu'une chute, je vais bien, répondit celle-ci.

Yston fit signe à Loréh de disposer. Elle jeta un regard haineux à celle qu'elle considérait comme sa rivale puis sortit.
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# Posté le lundi 23 avril 2007 03:35

Modifié le lundi 23 avril 2007 03:52

- Mots Interdits - Partie 1 - #13

Il l'aida à se relever, lorsque le visage de la jeune femme fut à la hauteur du sien, il fut frappé par celui-ci. Comment n'avait-il pas pu voir l'état de faiblesse, dû en grande partie à une fatigue extrême, dans lequel elle était ?

- Vous m'avez l'air très mal au point, affrima-t-il.
- Je vais bien.
- Il serait plus avisé d'aller vous reposer.
- Il serait plus avisé que vous en vous mêliez pas de ma santé.

Les tons violacés de ses cernes soulignaient la dureté de son regard, il préféra ne pas insister. Sans mot de plus, ils passèrent à table. Durant le repas, qui fut silencieux, il ne cessa de l'observer. À plusieurs reprises, il vit ses mains trembler, elles étaient vraisemblablement moites. Elle avait les joues rouges mais elle frissonnait, il en conclut qu'elle était fiévreuse.

- Vous êtes sortie, pour ainsi dire, très peu de la bibliothèque, et, d'après ce que Sohra a pu me confier vous ne mangez ni dormez beaucoup.
- Est-ce par pitié ou par souci de conscience que vous avez désiré ma présence ?
- Qu'elles sont vos recherches ?
- J'étudie celles de votre défunt père.

Le visage du jeune homme s'assombrit, elle ne sembla pas s'en formaliser.

- Toutes ses recherches sont-elles dans la bibliothèque ?
- Toutes.

Elle resta pensive pendant de longues minutes, fixant un point imaginaire, les sourcils froncés. Plusieurs fois elle entrouvra les lèvres et sembla être sur le point de dire quelque chose mais se ravisa. Puis :

- Votre père avait-il une particularité ?
- Je ne comprends pas votre question.

Elle opina.

- Avait-il un objet auquel il tenait beaucoup ?

Il s'étonna de la question.

- Ou peut-être une passion pour un sujet quelconque ?
- Que je sache, non. Ne serait-ce les plantes.
- Exceptées les plantes, cela va sans dire.

Elle replongea dans ses pensées quelques minutes encore.

- Vous aurait-il parler d'une chose... singulière ?
- Je... Non. Pourquoi toutes ces questions ?
- Réfléchissez un peu, essayez de vous rappeler, s'emporta-t-elle.
- Il serait préférable de garder voter calme vu votre état.
- Je me porte bien ! s'énerva-t-elle.

Soudain, elle fut prise de vertiges et perdit connaissance.
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# Posté le lundi 23 avril 2007 03:55

- Mots Interdits - Partie 1 - #14

Yston se leva derechef et se précipita vers elle. Il l'allongea délicatement sur le sol et tenta de la faire revenir à elle. Sa peau était brûlante. Il prit alors un verre d'eau qui se trouvait sur la table, la fit boire un peu, ce qui la fit reprendre ses esprits, en toussotant.

- J'appelle Loréh, elle vous ramènera à votre chambre.

Il se leva et prit une petite cloche qu'il agita. Puis il la fit se lever et l'approcha de la cheminée.

- Il ne faut pas que vous attrapiez froid.

Il voulut la lacher mais elle tituba, il la tint alors fermement par la taille.

- Cela ira, il vous est inutile de vous préoccuper de moi plus longtemps.
- Il n'en sera rien, cela fait déjà deux fois que vous perdez connaissance ce soir.
- Une, c'est votre domestique qui m'a renversée lors de ma première chute.
- Certes.

On entendit alors des pas et ce fut Loréh qui entra dans la pièce.

- Vous m'avez demand...

Elle s'interrompit en apercevant les deux jeunes gens. Son visage se décomposa et elle resta les yeux fixés sur les bras qui tenaient le corps de Méreydith. Puis elle se reprit et fixa le maitre de maison.

- Ramenez Méreydith à sa chambre.
- Bien monsieur. Suivez moi, dit-elle avec froideur à l'intention de la jeune femme.

Yston n'ajouta rien et Méreydith s'avança à la suite de la domestique. Bientôt les deux femmes se retrouvèrent dans la pénombre des couloirs. Cela faisait plusieurs minutes que Loréh contenait sa rage, ne tenant plus, elle s'arrêta. Méreydith en fit de même, juste derrière elle. Aucune ne dit mot. Loréh tentait tant bien que mal de se reprendre mais ce fut peine perdue. Elle fit volte-face, fixant avec véhémence sa rivale qui répondit par un sourire hautain. moréh laissa toute sa colère sortir.

- Sale garce ! Tu crois que tu peux venir dans cette deneure et y répandre ton venin ? Ne joue pas les belles avec moi, je connais ton vrai visage, j'ai vu clair dans ton jeu ! jamais tu ne l'auras, tu m'entends ? Jamais ! J'y veillerai personnellement !
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# Posté le lundi 23 avril 2007 13:19

- Mots Interdits - Partie 1 - #15

Méreydith, à ces mots, se mit à rire, un rire méprisant. L'écho de toute sa mesquinerie se répercuta sur les murs, son regard était sombre et menaçant. Elle approcha son visage de celui de Loréh, elle pouvait sentir le souffle tremblant de celle-ci.

- Tu connais mon vrai visage, en es-tu sûre ? Ne te dresses pas en travers de mon chemin... Je n'ai aucun scrupule, tu n'as aucune idée de ce dont je suis capable...
- Crois-tu que je ne sois pas de taille à te tenir tête ?
- Absolument.
- C'est ce que tu crois.

Sur ce, Loréh agrippa fortement le bras de la femme et la força à la suivre. Celle-ci, extrêment affaiblie, essaya de se défendre en vain. Elles traversèrent ainsi une bonne partie du château et atteignirent une aile visiblement abandonnée. Loréh la précipita dans des escaliers étroits et escarpés qui descendaient dans les sous-sols. Méreydith découvrit avec stupeur qu'elle avait été conduite dans des cachots. Avant qu'elle n'ait pu réagir, Loréh la jeta sur le sol de l'un d'entre eux, referma la porte et s'appuya dessus en tentant de vérrouiller celle-ci. Mes ses mains tremblaient, elle fit tomber les clés. Méreydith donnait des coups dans la porte pour s'enfuir. Loréh ricana et la prisonnière se mit à hurler.

- Crie ma belle, vas-y crie. Personne ne t'entend d'ici. Tu crèveras en paix !

Elle se remit à l'ouvrage, mais la serrure avait subit les ravages du temps, ce qui lui donnait beaucoup de mal. Soudain elle entendit comme des murmures derrière la porte, sensiblement sur le même ton que ceux qu'elle avait perçu dans la bibliothèque, peu de temps auparavant. Puis elle sentit une force agir sur la porte qui s'ouvrit malgré ses efforts pour la garer fermée. Elle se recula, Méreydith, le teint blafard et la peau moite, sortit avec difficulté du cachot et posa un regard fiévreux sur sa geolière. Celle-ci sentit la peur lui glacer le sang mais la haine guidait ses actes. Elle apperçut sur le sol une planche de bois relativement longue. Lentement elle se baissa pour la ramasser puis la tint, en garde.

- Comment as-tu fait ? Tu es à bout de force.
- Tu me sous-estimes.
- Plus maintenant.

Elle leva la planche légèrement en arrière s'apprêtant à l'abattre sur la jeune femme. Elle resta quelques instants ainsi cherchant la peur dans le regard de sa victime. Mais celle-ci restait calme, sans émotion. Elle se tint, inspira un grand coup.

- Pose cette planche, dit-elle simplement.
- Si c'est une supplication, tu t'y prends mal. Ne lutte pas, ta mort n'en serait que plus douloureuse et lente.
- Ce n'est pas une supplication, c'est un ordre.

Ce fut au tour de Loréh de faire raisonner un rire méprisant.

- Crois-tu être en mesure de donner des ordres ?
- Crois-tu être en mesure de me menacer ? Pose cette planche.
- Non.
- POSE CETTE PLANCHE !
- NON !

Le souffle de Méreydith devint saccadé, elle baissa la tête et ferma les yeux. Loréh l'entendit de nouveau murmurer. Elle crut entendre des sortes de crachotements. Méreydith releva la tête et fixa intensément Loréh.

- Pose ça, maintenant, dit-elle sur un ton calme et posé.

Loréh s'exécuta.

- Maintenant, recule jusqu'au mur.

Loréh tremblait de peur, elle sursauta en sentant la pierre froide contre son dos.

- Tu es une murmurante !
- Quelle perspicacité ! Malheureusement, tu ne pourras pas révéler ce petit secret.
- Tu ne m'empêcheras pas de parler ! Plutôt mourir que couvrir une murmurante !
- Mais je ne t'empêcherai pas, tu le feras de toi même.
- Tu m'as...

Elle ne finit pas sa phrase. Méreydith lâcha un cri de douleur et tomba sur le sol, recroquevillée. Loréh paniquée, s'enfuit sans aucun regard derrière elle. Méreydith se mit difficilement sur le dos, cherchant à calmer sa respiration.

Tout se jouera cette nuit, au lever du soleil je saurai si ma quête est vouée à l'échec. Si tel est le cas, ma chute sera aussi la tienne.
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# Posté le lundi 23 avril 2007 15:19

Modifié le mercredi 25 avril 2007 14:10

- Mots Interdits - Partie 1 - #16

Elle se leva non sans mal et d'un pas peu assuré, elle se dirigea vers la partie habitée du château, se retenant aux pierres glacées des murs, le souffle court.

Loréh courait à travers le dédale de couloirs que constituait la demeure. Elle dû s'arrêter plus d'une fois pour reprendre son souffle. Le teint livide, la terreur marquée à même sa peau, des soubresauts ne cessaient de la secouer, à chaque pas. Elle sentait ses forces l'abandonner peu à peu, sa tête se mit à lui tourner. Et ce couloir qui lui parait interminable, depuis quand est-il si long ? Enfin, elle arrive devant la porte de la bibliothèque un faible faisseau de lumière filtre sous la porte. L'espoir est là. C'est sans frapper qu'elle entre.

- Monsieur !

Celui-ci sursaute et se retourne brusquement, la main contre sa poitrine.

- Seriez-vous folle de me faire peur ainsi. Vous n'êtes pas à vos aises ici, n'entrez que si vous avez ma permission !
- Je suis désolé mon seigneur, mais ... c'est important.
- Que se passe-t-il ? Qu'est-ce que vous attendez ? Répondez !

Loréh fut prise de vertiges, elle se retint en s'agrippant à Yston.

- Loréh ? Est-ce que vous vous sentez bien ?
- Méreydith ...

- Méreydith ? Que lui est-il arrivé ?

Loréh fit non de la tête. Elle se sentait de plus en plus faible.

- Elle est ... C'est une ... M ... tenta-t-elle d'articuler mais elle n'arrivait pas à formuler le moindre mot.
- Qu'est-ce qu'elle est ?
- Je ne peux le dire

Yston s'emporta

- Bien sûr que vous le pouvez, elle est ... ?
- Elle ... mmm, m'empêche de..de...

La jeune femme luttait pour pouvoir prononcer les mots voulus, la fièvre déjà la gagnait ainsi que quelques frissons. Elle se prit la tête entre les mains et se mit à pleurer. Yston se radoucit.

- Elle vous empêche de dévoiler ce pourquoi vous êtes là ?
- Oui ... non.
- Loréh, je ne comprends où vous voulez en venir. Si vous ne pouvez le dire, essayer de me le faire comprendre, par d'autres mots peut-être.
- Elle pra ... la reine ... elle ...
- Pourquoi me parlez vous de la reine ?

Les larmes qui glissaient le long des joues de Loréh s'intensifièrent.

- Loréh pensez-vous être capable de m'écrire ce dont il est question ? Loréh ! Ecoutez-moi.

Il prit son visage entre ses mains et le força à le regarder.

- Savez-vous écrire ? demanda-t-il.

Tremblante, elle hocha la tête.

- Bien, vous allez prendre cette plume et m'écrire ici ce que vous vouliez me dire en entrant dans cette pièce.

Elle eut un mouvement de recul, elle cria que non, elle ne pouvait pas.

- Loréh ... Je pense que cette discussion est inutile. Allez vous reposer, je verrai de quoi il est question demain avec Méreydith.
- N ... non.

Dans un dernier effort, elle prit la plume et d'une main hésitante, elle se mit à écrire. Mais dès que la plume toucha le papier et que l'encre traça son sillon sur le grain du papier, elle sentit l'atmosphère s'alourdir, le sang battre contre ses tempes et ses toutes dernières forces quitter son corps. Elle s'écroula, fiévreuse, sur le tapis grenat de la bibliothèque, la plume encore étroitement tenue entre ses doigts. Yston prit le morceau de papier et lut les quelques lettres écrites, fébriles, sinueuses, mystérieuses :

MOTS INTERD...


Fin de la première partie


=> Merci Maiz ! C'est une erreur si c'était noté 2 fois, j'ai pas dû faire attention en faisant mes petits copier coller ^^ . Etrange dis-tu ? J'espère bien ! ...

# Posté le lundi 23 avril 2007 15:24

Modifié le samedi 28 avril 2007 06:20